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JR : du sampling en street-art

Shepard Fairey, pour lequel j’ai le plus grand respect, a récemment déclaré à propos de JR qu’il était « l’artiste de rue le plus ambitieux« . Pourquoi pas ? En effet, si j’ai eu quelques fois l’occasion d’exprimer certains doutes sur la sensibilité artistique du bonhomme, force est de constater qu’il semble déborder d’énergie et être constamment à la recherche de nouveaux projets, de nouvelles collaborations, de nouveaux lieux pour s’exprimer.

Face2Face – Israël/Palestine – 2007

C’est d’ailleurs la première caractéristique de son travail : JR semble aimer la visibilité tant par la taille généralement monumentale de ses affichages que par son aisance à squatter l’actualité de la scène artistique alternative. Tantôt à Dubaï, puis a Cannes pour la présentation de son documentaire Woman Are Heroes, dans la foulée un petit artwork pour le clip de Patrice, une collaboration avec Shepard : il ne s’arrête jamais… de faire la même chose.

Affichage Ile Saint Louis – Paris – 2009

En effet, depuis son premier projet, 28 mm, rien de bien fulgurant n’est sorti de son atelier. A force de ressasser ce qui avait fait son originalité en 2006, à savoir des agrandissements de portraits placardés dans la rue et plus si affinités, son œuvre commence sérieusement à sentir le réchauffé.

Enfin, ceci était mon avis (qui sera vraisemblablement étayé dans un futur post dédié au parcours de JR) avant de tomber sur la dernière performance en date de l’artiste : le projet Unframed. Sur une initiative du Musée de l’Elysée et du festival Images, JR a été amené à revisiter une partie de la collection du musée. Il a pour cela sélectionné des créations de photographes légendaires (Capa, Man Ray, Caron, Levitt, etc.) et a appliqué sa bonne vieille méthode : agrandissement chez l’imprimeur du coin et affichage express par une légion de bénévoles enchantés.

Il présente cela comme un travail de « réinterprétation et de décontextualisation ». Mais comme on préfère laisser le verbiage qui confine à la branlette aux gens bien des Beaux-Arts, on dira plutôt qu’il a samplé des gros classiques de la photo. Regardez donc ce que ça donne :

En tant que fan inconditionnel de la technique du sampling en composition musicale, je ne peux donc que saluer JR pour cette réalisation. On pourra évidemment lui reprocher d’avoir simplement pompé les photographies originales sans y apporter la moindre touche personnelle contrairement à l’échantillonnage hip-hop. Mais bon, égratigner de tels monuments de la photo n’est pas donné à tout le monde. Dommage, c’eût été couillu, créatif et autrement plus hip-hop.

Source : Unurth
Crédits photo : Over the moon

2 comments
  1. Baro says: 13 septembre 201020 h 22 min

    Hé t’envoies du lourd là comme on dit! Une petite question cpdt: est-ce que la décontextualisation dont tu fais mention ne corresponderait-elle pas finalement à la touche perso/ hip-hop de JR, hein?

  2. Alan says: 14 septembre 20109 h 34 min

    Chere Baro ;-) toi même tu sais – bouhh la vilaine expression pour faire ghetto – cette décontextualisation ne peut pas être une finalité. Imaginons que je réduise à la taille d’un timbre une photo de Man Ray et que je la colle dans mes toilettes: est-ce suffisant pour faire de moi un artiste ?

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