La série in situ de Sandrine Estrade Boulet
Qu’est-ce qu’est finalement le street art sinon donner vie à notre environnement urbain, sinon révéler l’inattendu qu’il se cache sur un bête mur ou sur les rames d’un métro, sinon apposer son style là ou il n’y en a pas ? Progressivement décomplexé de la culture hip-hop, le mouvement emprunte dorénavant des voies beaucoup moins stéréotypées qu’à ses débuts; plus bourgeoises regretteront les nostalgiques. Sans pour autant que cette critique soit des plus pertinentes : Basquiat, Haring ou Pignon-Ernest n’ont jamais été des gamins de la rue.
Pourtant, il demeure une suspicion, ou tout du moins une réserve, à l’endroit du street art qui n’est pas « masculin ». J’entends par masculin, les créations qui découlent de cette tutelle hip-hop qui a duré une bonne vingtaine d’année où il fallait être au choix :subversif, contestataire, anonyme, vandale ou nocturne. Le travail de Sandrine Estrade Boulet que l’on vous présente aujourd’hui ne se prévaut d’aucun de ces attributs et pourtant il représente une vraie claque pour tout amateur de street art.
Certains trouvent le travail de S. Boulet mignon, marrant voire poétique. Autant d’adjectifs qui laissent transparaître une forme de dédain pour ce qui n’est pas typiquement de l’art urbain « masculin » et qui occultent la réelle dimension de l’artiste. Celle-là même qui rapproche l’artiste de ses illustres prédécesseurs du Nouveau Réalisme.
La nature de la série « in situ », présentée plus haut, offre des perspectives nouvelles au mouvement en jetant des passerelles crédibles entre art urbain et galeries. Sandrine Boulet travaillant sur photographie plutôt qu’ in situ, stricto sensu (le latin, rien de tel pour crâner !), elle esquive les difficultés récurrentes des street artistes à se faire exposer. De ce fait, on attend impatiemment de voir de nos propres yeux son travail en galerie. Ce qui ne devrait pas tarder compte tenu de ses qualités.
Pour des raisons de lisibilité, l’artiste n’a pas souhaité que l’on présente plus de 4 éléments de la série « in situ ». Le tri a été un vrai casse-tête, c’est pourquoi il est impératif d’aller découvrir le reste sur le site dédié.
Crédits & Copyrights Sandrine Estrade Boulet : son site




merciiiiiiii messieurs les garçons pour cet article cool !
Le plaisir est pour moi. J’ai eu l’occasion de passer pour ton vernissage, malheureusement tu avais l’air assez occupée, on n’a pas eu l’occasion de discuter… La rançon du succès je suppose ! Une prochaine fois j’espère. Alan