Le syndrome Beigbeder
Rappelez-vous de Frederic Beigbeder qui se découvrait une vocation de casseur de pub suite à son renvoi de chez Y&R. Les uns lui reprochèrent de cracher dans la soupe tandis que les autres soupçonnaient un arrivisme destiné à s’attirer visibilité et notoriété pour lancer sa future carrière, coté média cette fois-ci.
Appropriés l’un comme l’autre, ces deux jugements font cependant l’impasse sur une forme de pathologie assez courante dans le secteur de la publicité : une légère schizophrénie inhérente à la nature même de cette industrie. Ce syndrome se manifeste par un grand respect de la publicité et, simultanément, une répugnance à l’égard de ses travers les plus évidents :
La prégnance de cette schizophrénie tient vraisemblablement à une particularité de la gestion des RH dans l’industrie de la publicité. Pour insuffler un vent de créativité, les agences recrutent bien souvent des candidats bien particuliers ; jusqu’il y a peu, incarner une forme de contre-culture était un atout pour qui voulait rejoindre une agence. Dès lors, comment concilier contre-culture et adhésion à une culture pub quadragénaire.
Bon, dorénavant c’est l’ISCOM qui est le pourvoyeur de nouveaux talents, ça devrait moins faire les marioles dans les couloirs, ils risquent pas d’écrire des bouquins et encore moins d’infâmes brûlots. Quoique, Beigbeider sortait bien du CELSA…
Mais pourquoi donc souligner cette bizarrerie ? Tout simplement pour faire l’intéressant.
Puis pour justifier ma préoccupation du moment : la condamnation de Poster-Boy à quelques neuf mois de prison pour actes de créativité patente sur panneaux publicitaires dont voilà un exemple :
Comment ne pas adhérer ? Oui, bon c’est vrai, si t’es annonceur, tu as le droit de tirer la tronche. Mais, sinon ? Le gars fait montre de pas mal de talent équipé d’un cutter et la qualité de l’affiche de base est plus que discutable. Par contre, question furtivité c’est pas étonnant qu’il se soit fait griller. Une pauvre écharpe sur le menton et hop c’est parti pour dézinguer tout le métro new-yorkais et balancer ça sur Youtube !
C’est donc dit, j’aime la pub mais j’aime Poster Boy, j’aime la pub et je comprends les déboulonneurs et autres casseurs de pub… Argh ! Ou sont mes neuroleptiques !?
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