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Première apparition sur VTFV la semaine dernière : une recette de cuisine. Deuxième : un cours d’histoire. Haha, cette chronique est bien parti pour être aussi chiante que le dernier Wong Kar Wai. Pas grave je tente le coup.

1912. Un parc d’attraction un poil au-dessus de New York. Le cinéma du moment c’est ça :

Voilà, voilà… Je sais ça commence mou, mais il faut se remettre dans le contexte. Le cinéma vient à peine de naitre, c’est encore une attraction foraine. En gros c’est comme un bébé de six mois. Il ne se passe pas grand chose, il ne parle même pas mais c’est tout nouveau, et pis ça bouge, alors tout le monde s’extasie !

Donc, 1912. Dans une salle qui devait ressembler à ça :

Quelqu’un a jeté un drap blanc pour projeter dessus The Adventures of Kathlyn. C’est un sérial (une sorte de mini-film avec une suite toutes les semaines… Oui, comme une série télé, voilà…). Le film se termine quand, soudainement, les spectateurs voient Kathlyn jetée dans une fosse à lions. L’image se fige avec un titre Va-t-elle échapper à la mort ??! (Les points d’interrogations sont de moi).

Voilà. Premier trailer de l’histoire.

Bref, je vous la fais courte mais tout s’enchaine très vite. Trente ans plus tard, on voit des trailers partout avant chaque film (oui, un mec pas con s’est dit que c’était plus efficace AVANT le film plutôt qu’après, parc’que bon c’est logique avant le film ben.. les gens sont un peu obligés de le regarder, quoi..)

Et donc dans les 40’s, voilà la norme :

J’ai pas vraiment pris un trailer de base puisqu’on deale avec un chef d’œuvre de Howard Hawks, mais bon en gros vous avez :

- Des gros titres (très très gros, merde on voit plus l’image là !) avec plus de superlatifs dedans tu t’étouffes. Les spectateurs, à l’époque, ils pensaient toujours aller voir le film le plus ouf de l’histoire, avec l’acteur le plus fort du monde et l’actrice la plus belle jamais vue (là c’est Lauren Bacall donc ils étaient pas trop loin de la vérité)
- De la musique avec plein de trompettes qui arrive surtout quand le personnage principal casse une lampe parce qu’il est en colère.
- Des effets de transitions de folie comme dans Windows Movie Maker.
Et le classique : une voix de ténor qui hurle bien fort le pitch du film en répétant parfois ce qu’il y a écrit dans les (gros) titres pour ceux qui ne savent pas lire. La grosse voix qui en fait des caisses c’est tellement un classique que les américains ont leur stars de la voix de bande-annonce qui s’en amusent bien d’ailleurs.

Pour les comédies romantiques, on faisait plus ou moins la même chose avec une voix moins menaçante mais qui parfois s’amusait à nous refaire toute la bio des acteurs. Dans celle-ci, Gene Tierney tombe amoureuse d’un fantôme bourru et barbu.

Je me moque gentiment mais on parle tout de même de l’âge d’or du cinéma. Rien qu’à elle seule, la scène du baiser qu’on entrevoit dans le trailer de To Have and To Have Not vaut au moins six étoiles Allociné. Et le Mankiewicz (The Ghost and Mrs Muir) est une sublime histoire d’amour impossible (je sais ça fait penser à Ghost, mais dans celui-ci ils ne font pas poterie…). J’ai le souvenir de dialogues hilarants et d’une fin magnétique.

Mais âge d’or ou pas, pour la grande majorité de leurs films les studios ne s’emmerdaient pas, ils refilaient le bouzin à une seule compagnie, la NSS, qui avait le monopole des bande-annonces et les sortaient en enfilade sans trop réfléchir.

Mais dans cette flemmardise ambiante certains ont détonnés.

1939. Autant en Emporte le Vent. Pas une seule image du film dans le trailer !

David O. Selznick, producteur mégalo a sous les bras le plus cher, le plus ambitieux, et le plus long film jamais fait.  Et pour ne pas se noyer dans la masse des trailers style-vendeur-de-poisson-sur-les-marchés-achetez-j’ai-le-plus-gros-le-plus-beau-le-moins-cher, il choisit de faire exactement l’inverse, ne montre rien et se paie le plus gros succès de l’histoire du cinéma.

1960. Psycho. La meilleure bande-annonce jamais faite.

Alfred Hitchcock, génie de la réal et roi du marketing. Des trailers qui tabassent il a déjà fait : Fenetre sur Cour et La Corde par exemple. Et puis des caméos dans ses films ou bien la présentation d’une série télé portant son nom : il a déjà compris qu’il faut donner de sa personne pour la promo. Il s’est créé un avatar débonnaire à l‘humour macabre qu’il utilise à fond pour la promo de Psycho.

Tournés rapidement sur les lieux  du tournage, quelques plans où il fait son p’tit show plein d’humour très british. Le rythme est étonnant, rappelant plus les codes de la comédie que de l’angoisse. Et les quelques détails de l’intrigue qu’il distille – incompréhensibles avant d’avoir vu le film – en font le seul trailer encore meilleur après avoir vu le film ! La scène où il décrit le meurtre de l’escalier est hilarante et la fin terrifiante. Le cri. Le visage hurlant. La fameuse musique. Unique.

1964. Le trailer peut aussi être est un court-métrage génial

En voilà un qui a compris que le trailer peut aussi être abordé comme une œuvre en soi. Le montage de ce « film » est un exploit. Le jeu sur le lettrage, sur les minuscules boucles de son, le télescopage hilarant des dialogues : couillu ! Il faut se rappeler que tout cela a été fait en montage pellicule. On scotchait des petits bouts de péloche l’un après l’autre !! La somme de travail et d’imagination que ça nécessite, putain. Et pis, si tu te plantais, ben : « Attends… Je dé-scotches, je re-mélange, je re-tente un truc, je re-scotche… Heuu.. Reviens dans deux jours je devrais avoir fini les dix premières secondes.. » La galère.

Je vais pas en rajouter parce que le talent de Stanley Kubrick a souvent tendance à me dépasser (voire à m’endormir sur certain films). Le pire c’est qu’il a récidivé le salaud, en voici deux autres :

Nous sommes maintenant en plein dans les seventies et le paysage a changé dans le cinéma ricain. Une tripotée de p’tits hippies souvent barbus (Scorsese, Coppola, Spielberg, De Palma, Polanski, Allen, Friedkin, etc.)   sont venus déloger les vieux réalisateurs bien (trop) installés. Et tous ces mecs talentueux (il paraît) ont tout renversé : la caméra, le montage, les acteurs, la musique…

Et le trailer a suivi. Forcément.

Mais on verra ça plus tard, parce que là j’ai envie de mater Orange Mécanique. Je vous en envoie tout de même un dernier pour vendre la part. 2 de l’histoire des trailers.

Sources:

Coming Attractions - Reading American Movie Trailers

Movie Trailer Trash

AJK Foundation

CinemaClassic

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Voici une opération assez originale ayant eu lieu au Brésil pour prévenir des dangers liés à la conduite en état d’ébriété. L’idée est toute simple puisqu’il s’agit de faire circuler un camion-remorqueur chargé de fauteuils roulants en annonçant crûment : « Cela pourrait être votre prochain véhicule si vous buvez et conduisez ».

On pourra débattre à l’infini à propos de la pertinence du message véhiculé. Il n’en reste cependant pas moins évident que si l’on rapporte le coût probablement ridicule de l’opération au nombre de vues, cet ambient se révèle être une réussite.

Crédits :

Annonceur : Trânsito Amigo
Agence : Age isobar – São Paulo
Dir. Art. : Cristiano Rodrigues
Copywriter : Daguito Rodrigues
Déroulement : Décembre 2010

Sources : Advertolog, Youtube

Edit : Bon, même si ce n’est pas de très bon ton, je ne peux m’empêcher d’adjoindre à cette campagne un petit trait d’humour made in Groland :

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Aubade jouit d’une image extrêmement positive auprès d’une large audience. Sans rentrer dans de basses considérations corpo… oh et puis tout compte fait, si ! L’image d’Aubade résulte d’un véritable travail d’orfèvre réalisé par les agences de com’ successives de la marque. Cette réussite stratégique et créative contraste singulièrement avec la médiocrité des lignes de sous-vêtements proposées par Aubade.

Un ambient assez coquin, malicieusement intitulé « The Girl next door » – à quand l’opération « MILF » ? — a été organisé récemment dans les rues de Paris. Pendant trois semaines, trois quartiers de la capitale ont été le théâtre de mystérieux événements. Chaque soir, durant une heure, on pouvait apercevoir depuis le trottoir une silhouette se trémousser langoureusement derrière un rideau :

À l’issue de ce spectacle, la demoiselle se contentait de tirer nonchalamment un nouveau rideau révélant l’instigateur de la supercherie : thefrenchartofloving.com, le nouveau site Internet de la marque. Pour plus de détails, voici la présentation en images de l’opération :

Crédits :

Annonceur : Aubade
Agence : Chainsaw, France
Dir. Art. : Benjamin Menager
Copywriter : Hugo Denisqueinec

Source : AOTW

PS : Cette opération a eu lieu en décembre 2009 et semble un peu datée pour un blog censé causer d’actualité de la communication. C’est vrai mais bon, on s’en tape…

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Des films cools, on ne voit plus que ça depuis que les geeks gouvernent, plus ou moins secrètement, le monde. Le genre de film qu’on va attendre pendant un an, mais qu’on oublie pendant deux jours. Vite oublié, car le cool c’est aussi dur à concocter que faire des ronds de fumée dans le vent. Et sous la pluie. Une tannée.

Exemple 1 : Tout sent mauvais

— Le réalisateur, Martin Campbell, a fait un bon film sur treize (non, Le Masque de Zorro n’est pas un bon film).
— Ryan Reynolds n’a rien fait depuis Harold & Kumar Chassent le Burger sauf s’être marié à Scarlett Johansson.
— Les FX ne sont apparemment pas finis. Tout est vert fluo. Les ET sont en carton. Ce trailer est très mauvais.

Bref, c’est du cool d’usine, ça. Du cool Happy Meal.
Que j’irai voir quand même, après un McDo justement !

Exemple 2 : Trop beau pour être vrai

L’orgie coolesque ! Il y a James Bond (tout maigre) et Indiana Jones (tout vieux). Des cow-boys patibulaires et des rayons laser. Il y a des chapeaux qu’on descend bien bas sur les yeux pour faire supercool. Et surtout le titre (en très gros) le plus cool de l’histoire des titres (juste devant Harold et Kumar chassent le burger). Un titre aussi simple et aussi con, fallait oser non ?!

Tous ces trucs cools enfilés l’un après l’autre : le trailer vend bien sa soupe. Et finalement, il ne dit rien sur le film et son intrigue. Et là, on attend en bavant jusqu’à l’été prochain. Bien joué.

Bien sûr, il faut bien qu’il y ait un coup fourré. Jon Favreau. Le yes-man qui a pondu Iron Man. Le type à qui on a donné une scène avec deux robots suréquipés se battant sur du Daft Punk et qui a réussi à merder ! Un type qui croit encore que 200 plans à la seconde c’est de la mise en scène.

Bref… J’irai le voir en espérant que Spielberg a donné un coup de main.

Exemple 3 : Le réalisateur qu’a rien à faire là

On a Duncan Jones, le fils de Bowie (et ça, c’est cool). Un type qui a décidé de ne pas se déguiser en transsexuel qui chante des chansons géniales sous héroïne. Bon. Ben ça, c’est cool aussi. Non, le fiston il a fait Moon qui était très fauché et très bon, mais qui n’est pas sorti en salles en France. Le direct-to-DVD ça peut être cool aussi…

Donc le mec cool il sort ça en avril : un mix d’ Un jour sans fin et de Code Quantum

Là c’est du sérieux. Les acteurs ont joué du torturé avec Scorsese, David Fincher, Sam Mendes ou Sofia Coppola. Ils ont été nommés à plein de trucs comme les Oscars, les Bafta, tout ça. La bande-annonce montre bien qu’ils froncent les sourcils en jouant très bien. On deale avec le haut du panier des acteurs américains, là. On entrevoit quelques petits effets de caméra ou de montage bien inspirés. En gros on te vend de l’action torturée et de la SF assez low-tech pour que cela reste crédible. Bien, bien… Mais c’est pas un peu trop sérieux, ça, non ?!? Il pouvait pas faire les cow-boys et les aliens, lui ?

Bon ben, à aller voir quand même, hein… C’est toujours mieux que rien…

Exemple 4 : Le film cool français

Elles boivent, elles fument, elles draguent pitoyablement, elles pleurent en riant (ou l’inverse). Il n’y a pas d’effets spéciaux, pas d’action, pas de robots ni d’aliens, mais c’est le film le plus cool de l’année. De loin.

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T’avais les cheveux blonds, un crocodile sur ton blouson. On s’est connu comme ça, au soleil, au même endroit… David et Jonathan manquent d’un poil la sélection de ce nouveau Capharnaüm ; c’est dire le niveau ! Du son, du gros son, ça envoie du bois, ça fait chavirer les nanas, ça fait danser les ados et causer les intellos : Let me introduce to you, the one and only Capharnaüm !


Rob Roy a un flow et une voix qui fait fichtrement penser à cet abruti de Weezy. Il ressemble aussi à Dev Patel (si si, tu sais le prince bidule dans le dernier navet de Shyamalan ?). Heureusement pour lui, il fait de la bonne musique :

Encore un son qui a passé avec succès l’impitoyable test de l’automne. Je m’explique : une musique découverte en plein été part d’emblée avec un bon à priori. S’il réussit à rester dans mon iTunes jusqu’à l’hiver, bingo !

Lire les commentaires YouTube est l’activité chronophage (et inutile) par excellence. Mais c’est tellement bon, ça me rappelle un peu quand je matais Loft Story et que je me découvrais un malin plaisir à contempler la médiocrité télévisuelle ambiante. Là, c’est pareil, mais pour le Web. J’adore ! Concernant la prochaine vidéo, les commentaires les plus populaires sont d’une justesse peu commune : « Look at this fuckin hipster roadtrip » et « Local Natives is the best band of 2010″ :

Johnny Flynn et Laura Marling comme une overdose de Simon & Garfunkel, comme une cure de polyphonies corse, comme un sittin’ contre la guerre, comme ma première clope roulée en colonie, comme un câlin du matin. D’ordinaire, ce genre de U.G.C. me donne envie de distribuer des claques pour pathos excessif, là non. C’est qu’ça doit être bien fait, non ?

Ça date un peu, mais c’est un des sons les plus puissants que la vague Dubstep ait propulsés.

Le prochain son date ausi un peu mais quel pied !

Une femme magnifique, un homme qui a trois saucisses greffées en lieu et place du nez et une bonne grosse électrofunk partent en vacances.

Le principe de pomper les commentaires YouTube me plaît, on recommence : « As my wife was telling me she was leaving me i had to put this song on, she didnt get it… »

A la semaine prochaine, avec une sacré bonne dose de musique sélectionnée avec le plus grand soin, dans le respect de la  plus pure tradition et mon cul sur la commode.

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