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Coppola, c’est plus fort que toi !

Les Coppola c’est comme les morceaux de Prince : dans le tas y’en a forcément un qui te plait. Voire tous.

F.F. Le Coppola original.

Le Padre.

Un vieux barbu qui a fait des films trop bien avec des hélicos et du Wagner. Même qu’il y a un de ses films de mafieux qui est le deuxième meilleur film de l’histoire.

Francis Ford, c’est 20 films, 7 chefs d’œuvres, 6 oscars et 2 palmes d’or

Bon c’est sûr, maintenant, on ne l’attend plus beaucoup Francis. Surtout que dans son prochain film, il y a Val Kilmer… Voilà, voilà… (silence gêné).

Sofia. La Coppola vaporeuse qui aime rêvasser pieds-nus dans l’herbe.


La fille.

Spécialisée dans le cinéma cool-évaporé avec des filles qui portent des Converses. Elle a aussi inventé la bande-annonce « venez-voir-mon-prochain-film-il-y-a-de-musique-trop-bien-même-dans-que-dans-le-trailer-j’ai-mis-que-ça »


Somewhere : la vie de Johnny Marco, un acteur au nom de scène ridicule qui s’emmerde dans un hôtel (pas de lien de cause à effet, hein). Pas facile à vendre dans une bande-annonce, ça…

Contrairement à Lost In Translation (presque le même pitch) ici on est dans le pathétique total. Ça ne rigole pas des masses, le personnage principal s’enlise dans la déprime et y’a même pas de japonais rigolos pour le dérider.

Je vais pas m’éterniser mais c’est une gageure de filmer l’ennui. Et Sofia Coppola relève le défi en évitant de livrer un film hermétique qui largue tout le monde. Elle s’y colle sans botter en touche comme dans Lost In Translation où l’on ne voyait personne s’ennuyer, on ne voyait que la face géniale de comique-droopy-in-love de Bill Murray. Bon évidemment le film n’évitera pas les flèches acérées des critiques « Spectateurs Allociné » (fautes comprises) « On s’ennui ! Il y a trop de scenes qui n’en finisse plus.. Pour le coup on a bien compris que le personnafe principal s’ennuyait, tellement que nous aussi !! »

Bref. Tout ça ne répond pas à la question : mais comment qu’on le vend ce putain de film ?!

Primo : On ne la joue pas arty. Et on assume pas franco dès le trailer : « dans mon film ça papote pas beaucoup et il n’se passe pas grand chose… ». Ça pourrait faire une jolie p’tite bande-annonce mais bon… Les risques du four sont élevés (cf. Gerry de Gus Van Sant).

Deuxio : On insiste sur les moments les plus vivants du film.  Une bonne partie de Somewhere s’intéresse à la fille de Johnny Marco  qui débarque un jour chez lui pour quelques jours (la meilleure partie du film). Et les concepteurs du trailer ont tout misé là-dessus.

Autrement dit, les distributeurs (et peut-être Sofia Coppola) ont pensé que les rapports un peu compliqués entre un père et sa fille, ça pourrait concerner quelques personnes. Alors que la vie tristoune d’un acteur trop riche qui ne sait pas quoi faire de son temps libre… c’est peut-être un peu segmentant…

Et là le trailer devient magique : cinq phrases de dialogues pour comprendre la situation et ça suffit. Suivent une musique culte (une démo d’un morceau des Strokes qui trainait) et quelques plans parfaitement choisis où l’on entrevoit la relation tenue, fragile et chargée de non-dits que Johnny Marco entretient avec sa fille.

Tercio : On ment.

Non, Phoenix n’a pas fait la musique du film. Je sais c’est écrit à la fin de la bande-annonce. Mais c’est faux. D’ailleurs, il y a peu de musique dans le film, quelques extraits de Love Like A Sunset et la démo qu’on entend dans le trailer. Ah et un p’tit Sebastien Tellier qui traine.

Je m’suis fait avoir. J’y allais pour la B.O parc’que n’étant pas une fille rêveuse-en-converse, ça n’me parle pas plus que ça Sofia Coppola.

Ben j’ai vu. Et j’ai aimé.

Nicolas. Le Coppola « personne ne sait que c’en est un »

Le neveu. Nicolas « Cage » Coppola. L’homme qui rend les navets sympathiques. A mon avis, même lui a oublié qu’il était un Coppola.

A tel point qu’on pourra choisir de ne pas aller le voir dans Le Dernier des Templiers en janvier.

Ou bien dans Hell Driver en février : un film au pitch rigolo « Un homme est prêt à tout pour retrouver ceux qui ont assassiné sa fille et kidnappé son bébé… »


Le défi de Nicolas Cage en 2011 : un navet par mois !

Jason. Le Coppola branché-rigolo

Un autre neveu. Jason Schwartzman. Le fils de la soeur de Francis Ford. Talia Shire. L’actrice qui jouait Adriane dans Rocky. Je vous perds, là… On revient à Jason.

Mon préféré (et pas seulement parce qu’il porte bien la raie sur le coté) principalement depuis qu’il a joué dans Rushmore, le deuxième film trop bien de Wes Anderson. Avec un trailer bien toqué mais qui ne reflète pas encore totalement la folie douce de cet ovni vu par hasard il y a douze ans.

Je n’ai toujours pas revu de film aux cadrages aussi étranges.

À noter que Jason Schwartzman est aussi (et peut-être surtout) un musicien super-cool qui abat de la pop aux accents Beatlessiens dans son groupe Coconut Records.

Le Coppola sans talent

Vous ne le connaissez sûrement pas mais voici Christopher Coppola. Le frère de Nicolas Cage. Un réalisateur à la carrière douteuse et au faciès raté. Ou l’inverse. Il a fait quelques chefs-d’oeuvres comme Bloodhead :


Voilà… Maintenant on sait que talent n’est pas génétique dans cette famille. Le plus drôle dans la bande-annonce : la faute d’orthographe à Coppola à 00:28 !!

Et le dernier. Coppola branché-en-loucedé

Le fils de Francis Ford (donc le frère de Sofia). Roman Coppola.

Le plus discret mais peut-être le plus passionnant de la descendance Coppola. En tout les cas, le plus moderne. Il est à l’arrière-plan de tous les projets familiaux. Assistant réalisateur des derniers films de son père et de sa soeur, il gère en même temps Zoetrope la maison de production familiale (il a notamment produit Somewhere). Il écrit aussi et est crédité comme co-scénariste du mortel Darjeeling Limited avec son cousin Jason. Jusqu’ici rien de ouf. Attendez de voir la suite…

1) Réalisateur culte

En 2002, il sort son seul film, CQ. Il se plante. Sept millions de dollars de budget. Il en rapporte cinq cent mille. Plantage royal. Un premier film (et, je l’espère, pas le dernier) complètement chtarbe où l’on peut voir sa soeur Sofia, Jeremy Davies, et Billy Zane ( le méchant jaloux de Titanic). Mais aussi Elodie Bouchez, Gerard Depardieu et très brièvement Romain Duris ! Le pitch : 1969, un jeune monteur est embauché pour réaliser en urgence un film de science-fiction absurde. Ce qui a donné la bande-annonce la plus WTF que j’ai jamais vu ! Un mélange de super-8, de film bizarroïde aux maquettes cheaps, d’érotisme ringard et de Depardieu free-style !

Un trailer qui ne peut qu’intriguer ! A cela s’ajoute la bande-annonce du film dans le film (le film de science-fiction absurde… faut suivre). Roman Coppola dégaine la première bande-annonce hommage de l’histoire. Celle-ci imite le fameux trailer expérimental de Dr Strangelove dont je vous parlais ici. Un trailer qui fait référence à un autre. Assez pointu pour faire de Roman le meilleur geek-obsédé-par-des-références-foireuses de la famille :

Info assez étrange, il aurait réalisé quelques séquences de Love Actually. Je n’ai pas réussi à trouver lesquelles. A suivre…

2) Grand clippeur

Roman a réalisé près de quarante clips. Voici le meilleur. Un clip fou, loufoque, cheap, passionnant, touchant et qui fait partie de la collection permanente du MoMA (et ça, ça claque sur un C.V). Dans ce clip, sur une chanson des Phoenix (et oui, chez eux tout reste un peu en famille), Roman se raconte, parle du groupe, de sa famille, de sa petite copine et de ses idées foireuses. Hilarant et génial :

Il a aussi réalisé ce clip absurde de Fat Boy Slim – Praise You, ainsi qu’une autre perle où Sebastien Tellier se met à nu en chantant l’Amour et la Violence. Pour voir tous ses clips c’est par .

3) Pubard très con

Dernière connerie en date pour Roman, une pub à mourir de rire pour l’application Ipad du New Yorker.

ou celle-ci pour Stella, co-réalisé avec Wes Anderson :

Roman Coppola, à 45 ans, est le plus « jeune » des nouveaux Coppola. Il touche à tout, sans hiérarchiser les arts. Sans mépris pour le format court, il en a un fait un terrain d’expérimentation. Avec dans tout c’foutoir, un semblant d’homogénéité : un goût certain pour le rock, le bordel, le loufoque, le bricolage et le style « film de vacances ». Sa soeur a balancé récemment qu’il préparait un nouveau long-métrage.

Espérons qu’il ne devienne pas soudainement plus adulte. Moi j’aime bien les sales gosses au cinéma.

Sources :

L’arbre généalogique des Coppola

The Directors Bureau